Panem et circenses

Cette année, on a eu le tournoi des six Nations, suivi de Roland-Garros, suivi de l’Euro 2012, suivi du championnat de France de Rugby, suivi d’un Tour de France au gout de fraise Tagada, tout ceci évidemment sans parler de la coupe de France de football, la coupe de la Ligue, du Trophée des Champions, de la Ligue des Champions.

La bagatelle de 223 évènnements sportifs « majeurs » en 2012.

Alors sans doute un esprit suspicieux et malhonnete s’imaginera qu’on abreuve le bon peuple d’une suite ininterrompue d’évènements sportifs aux seules fins de le distraire, et lui faire délaisser la crise financière, les augmentations d’impots, l’impuissance politicienne et ce fantasme de l’insécurité-imaginaire-toute-chimérique-et-inexistante. Mais comment peut-on penser que le franchouillard acquiescera à passer son temps à consommer des résultats sportifs par sacs entiers et les centaines de milliards d’euros de cette pub dont on l’abreuve, des soirées entières collé devant un téléviseur à se gaver de malbouffe anglo-saxonne et autres sodas à temps de cerveau disponible ? Non, c’est impossible… Quoique… Si ça revient régulièrement, c’est bien que ça doit marcher un peu quand même, non ?

En définitive, être vraiment passionné du sport des autres, à notre époque, ne doit plus laisser beaucoup de temps à la réflexion et à la critique. Mais ce n’est pas bien grave, ma bonne dame, le principal est bien de rassurer et distraire les individualités, car on sait pertinament qu’un con-sommateur inquiet con-somme beaucoup plus aléatoirement. Et ça c’est très embêtant.

Alors voici maintenant les Jeux Olympiques. Et pendant que le Royaume-Uni ouvre cette grand-messe fraternelle, universelle et surtout télévisuelle, en nous donnant une leçon d’histoire égocentrée à grand renfort d’effet spéciaux, on ne parlera pas de trop de ce 42ème règlement de compte à marseille en 24 mois, ou des deux poignardés du week-end. Pas plus de ces flics qui se font casser la gueule par un gamin de huit ans, sous le regard attendri et admiratif de la chère maman.

On ne parlera pas beaucoup non plus de ces sujets qu’il faut taire, hein, car on est des gentils, pas des crypto-fascites. Comme le sexisme culturel de certaines populations, ou ce rapport tout frais de la Cour des Comptes, commenté par la démographe Michèle Tribalat, qui entérinne la réalité sociologique de ce que certains mauvais esprits appellent le « grand remplacement« .

On oubliera aussi assez rapidement la descente aux enfers de Peugeot, immédiatement suivie par d’autres, au profit des épreuves de 100 mètres qui feront les gros titres de nos médias. La perspective d’une dégradation de la note de la France à la rentrée prochaine, et les déclarations alarmantes de Peter Schiff (un économiste plutôt perspicace) sur une crise à venir qui ferait passer celle de 2008 pour un pet de mouche, laisseront place aux épreuves de natation.

Et tiens, pendant le 400 mètres haies, si on en profitait discrêtement pour aller mettre un peu plus le bordel en Afrique ?

Bon jeux à vous.

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